Le blog de Nicolas Lecaussin

La capitalisation, sujet tabou

Un bel exemple d’autocensure idéologique est le Rapport Moreau. Il a fait grand bruit lorsqu’il est sorti en juin 2013. Pourtant, il n’apporte rien de neuf. Il dit ce qu’on savait déjà. Qu’il fallait travailler plus longtemps et qu’il existait des « différences » entre les retraites du public et celles du privé. Les remèdes préconisés par ce rapport sont celles que les politiques – de gauche et de droite – ne cesse de ressortir à chaque fois qu’on parle de la réformes des retraites : plus de fiscalité sur les actifs et les retraités et, éventuellement, travailler un peu plus longtemps. Mais cette dernière proposition devient un casse-tête car on veut en même temps garder le même nombre d’années de cotisations… L’équité public-privé passe à la trappe assez rapidement  de peur des syndicats et à cause du mépris presque existentiel de nos décideurs pour le monde  de l’entreprise privée. On n’arrête pas de parler d’égalité et d’équité mais seulement quand il s’agit des riches du privé et non pas des privilégiés du public. De même, ni le rapport, ni les débats qui l’ont suivi n’ont fait aucune allusion à la capitalisation et aux fonds de pension. Pourtant, pratiquement la majorité des pays de l’OCDE ont introduit un pilier capitalisation dans leur système de retraite. Les fonds de pension fournissent de 20 à 30 % des revenus des retraites dans les pays membres contre moins de 3 % en France. Sans l’introduction de ce pilier, toute réforme restera au stade paramétrique et on sera obligé de faire un autre Rapport dans seulement 2 ou 3 ans….



Pierre Mauroy ou le symbole de la catastrophe économique

Les Français aiment les hommages rendus aux morts. Il n’y a rien d’inhabituel car c’est une attitude très répandue chez d’autres peuples. Sauf qu’en France – beaucoup plus qu’ailleurs – les hommages sont « unanimes » quel que soit le « bilan » de la personnalité décédée. Cela a été le cas avec l’ancien Premier ministre Pierre Mauroy. « L’hommage unanime de la classe politique à Pierre Mauroy », une phrase reprise en boucle par France Info durant toute la journée de vendredi, 7 juin. Aucune note discordante dans le concert d’éloges… Et mardi, 11 juin, François Hollande lui a rendu hommage aux Invalides en invoquant son "bilan". Le Président a vanté son "réformisme" et son "réalisme". On croit rêver. Rien dans la vie politique de Pierre Mauroy ne mérite cette « unanimité » d'hommages. Et encore moins pour ce qui est de son "bilan".  Mauroy fût d’abord l’homme du Congrès d’Epinay de 1971 et du rapprochement avec le Parti communiste, le premier ministre de la catastrophe économique de 1981-1983 et d’une France en faillite. Il fût l’exécutant de François Mitterrand (comme d’ailleurs plein d’autres éléphants du PS) et le maire de Lille, la ville qui a toujours connu un taux de chômage beaucoup plus élevé que la moyenne nationale depuis 1973. Aujourd’hui, plus de 50 % de la population active de la ville travaille dans le secteur public…  On peut très bien rendre hommage à un homme politique tout en rappelant ouvertement ses véritables faits d’armes…



L’immunité à vie des politiques français

La présence (le samedi 12 mai) ostentatoire de l’ancien ministre Jérôme Cahuzac sur un marché de sa circonscription résume très bien l’état d’esprit de la plupart de nos politiques. Une fois élus (ou nommés), ils savent tout et peuvent tout se permettre. Ils n’ont plus aucun conseil à recevoir (sauf de la part de leurs « experts » en médias et en sondages) et consacrent leur temps à expédier les affaires courantes ou à serrer des mains. Le reste – c’est-à-dire le plus important – n’est qu’une question d’idéologie pour eux. Il s’agit d’appliquer le dogme du parti (ou du programme) quel que soit la situation économique et politique. Ce scénario se vérifie souvent dans d’autres pays aussi. Mais ce qui caractérise certains politiques français c’est l’insolence avec laquelle ils reviennent sur le devant de la scène même après avoir été condamnés par des juges. Cahuzac – qui n’a pas été condamné mais a largement reconnu ses escroqueries fiscales - n’est pas une exception. Avant lui, d’autres comme Juppé ou Tapie, Patrick Balkany, Jean Tibéri, Gaston Flosse ou Jacques Mellick voire Jean-Marc Ayrault dans une affaire de marchés publics, ont été condamnés par la justice. Ce qui ne les a pas empêchés de refaire surface (sauf Tapie qui est (re)devenu un « homme d’affaires »). Aux Etats-Unis, Cahuzac serait probablement en prison à l’heure actuelle. En France, il nargue tout le monde. Tant que les politiques ne seront des justiciables ordinaires, la fameuse moralisation de la vie politique restera une expression encore plus creuse que l’idéologie socialiste. 



Notre modèle social bat des records

J’ai eu tort de critiquer le fameux modèle sicla français que tout le monde nous envie et que personne ne copie. Grâce à lui, notre pays bat des records. Celui du chômage contre lequel, tous les politiques, de droite ou de gauche, nous ont assuré, le modèle social allait nous protéger. A part l’Espagne et la Grèce, nous sommes les meilleurs. Parmi les pays les plus, nous sommes vraiment les plus forts. Ni les Etats-Unis, ni la Grande-Bretagne n’ont pas atteint notre niveau de chômage même dans leurs pires moments de crise. Et nous avons un taux deux fois plus élevé qu’en Allemagne ! Qui dit mieux ? 



Les autistes au pouvoir

On dit d’un individu autiste qu’il est coupé du monde. Qu’il refuse les contacts avec l’extérieur. Les troubles manifestés par les autistes se caractérisent surtout par une communication anormale et des comportements limités et répétitifs. C’est ce qui caractérise ceux qui dirigent la France. En particulier ceux qui font la politique économique et fiscale du pays. Ils tiennent un discours anachronique  et adoptent des mesures complètement déconnectées des réalités. Ils sont ailleurs. Ils ne comprennent rien au monde d’aujourd’hui et néanmoins ils s’obstinent à nous donner des leçons.  Ils enfoncent la France mais ne se rendent pas compte de la catastrophe. Ils sont complètement inconscients. Aveuglés par l’idéologie, ils veulent nous imposer des remèdes d’un autre temps. Déboussolés par leurs statuts et leurs privilèges, ils ignorent la seule source de création des richesses.  Ils croient encore aux artifices de l’Etat et aux pansements à base d’argent public. 

Ces autistes représentent la France « d’en haut » qui n’a aucune idée de ce qui se passe « en bas ». Ce sont des politiques (de gauche et de droite), des hauts-fonctionnaires, des directeurs de cabinet, des syndicalistes, des conseillers de l’ombre…  Ils croient tout savoir mais en réalité ils n’y connaissent rien.


La France est condamnée

Comme Vladimir et Estragon, les deux personnages de Samuel  Beckett  qui attendent Godot comme un sauveur, les Français attendaient avec une grande impatience l’intervention télévisée de François Hollande.  Par rapport à Godot qui est un mystérieux personnage, un inconnu, François Hollande n’est autre qu’un président français de gauche. Mais les deux relèvent finalement de l’absurde. Godot parce qu’il ne viendra jamais et Hollande par ses propositions complètement déconnectées des réalités.



La France est foutue

Comme Vladimir et Estragon, les deux personnages de Samuel  Beckett  qui attendent Godot comme un sauveur, les Français attendaient avec une grande impatience l’intervention télévisée de François Hollande.  Par rapport à Godot qui est un mystérieux personnage, un inconnu, François Hollande n’est autre qu’un président français de gauche. Mais les deux relèvent finalement de l’absurde. Godot parce qu’il ne viendra jamais et Hollande par ses propositions complètement déconnectées des réalités.



Les Intouchables

Le 13 mars 2013 restera sûrement dans les Annales de l’Histoire de France. Un amendement proposé par une députée socialiste est passé en douce à l’Assemblée. Il prévoit tout simplement « l’amnistie des syndicats ». Au nom de la « lutte pour la justice sociale », les délits financiers mais aussi les dégradations matérielles commises par des syndicalistes ne seront pas punis. Finis les procès pour corruption et détournement de fonds  (SNCF, EDF, Air France….) ou les condamnations suite à des violences sur personne physique ou suite à des destructions matérielles. Après le rapport enterré sur leur financement, voici les syndicats complètement intouchables. Ils continueront en toute impunité à bloquer une partie du pays, à s’opposer par n’importe quel moyen à toute restructuration ou  aux réformes économiques ou à tuer la presse écrite en empêchant la distribution de journaux. Le modèle français a encore un bel avenir devant lui…



La gauche allemande sur les traces du socialisme français ?

 Le lundi, 11 mars, le SPD, par la voix de son leader, Peer Steinbrück,  a annoncé les grandes lignes de son programme économique qui sera défendu pour les élections du mois de septembre. Bizarrement, les propositions de la gauche allemande se rapprochent plus des celles du candidat Hollande que de l’ancien chancelier Gerhard Schröder. Le SPD propose une augmentation du taux marginal de l’impôt sur le revenu (de 42 à 49 %), de la taxe sur les plus-values (de 25 à 32 %) et souhaite l’introduction d’un ISF et d’un salaire minimum. Dans le programme on trouve aussi la suppression de plusieurs déductions fiscales pour les entreprises et l’obligation d’un quota de femmes aux postes de direction. Le style du programme est marxisant, le SPD se voulant le « grand défenseur des laissés-pour-compte de la société allemande ». Rien à vois avec la fameuse Agenda 2010 lancée par l’ancien chancelier Schröder au début des années 2000. A presque 15 points derrière la CDU dans les sondages, la gauche allemande, sauf miracle, a peu de chances de remporter les élections. De plus, elle a tort de proposer un programme économique « à la française ». Difficile d’imaginer que les Allemands voteront pour un retour en arrière…



Economies de pacotille

Matignon vient de demander des économies à ses ministres s’élevant à (environ) 5 Mds d’euros. Pour les analystes, ce serait un effort difficile qui demanderait des négociations tendues au sein des ministères. Bizarre analyse quand on sait que les dépenses totales de l’Etat dépassent les 371 Mds d’euros et que la charge de la dette s’élève à 47 Mds d’euros (deuxième budget de l’Etat). Les 5 Mds d’économies c’est un peu plus de 1 % du total des dépenses… C’est un peu plus de ce que  coûte la fin du jour de carence des fonctionnaires (environ 4 Mds d’euros par an !). Pendant ce temps, la Grande Bretagne a supprimé 500 000 postes de fonctionnaires et les Etats-Unis, 721 000 postes ! Ce sont des économies infiniment plus importante que les 5 Mds d’euros de M. Ayrault…



Syndiquer le contenu