Il faut connaître l’entreprise dès le lycée

Les programmes d’économie de seconde annoncés par le ministère ont déclenché l’ire des syndicats. Ils ne veulent pas accepter que puisse exister une autre approche de l’économie beaucoup plus proche des réalités de l’entreprise, la seule créatrice de richesses. Nicolas Lecaussin, directeur du développement de l’IREF, invite les jeunes à devenir entrepreneurs.

 Le ministère de l’Education nationale a mis en ligne les programmes de Sciences Economiques et Sociales (SES) pour les classes de seconde à partir de la rentrée 2010. Immédiatement des organisations syndicales ont protesté contre une « nouvelle dérive de l’école française ». Pour l’UNL (Union Nationale Lycéenne), premier syndicat lycéen, « L’annonce du programme de SES est un véritable bond en arrière. Alors que notre société subit une crise économique et sociale sans précédent où les jeunes sont les premières victimes de la hausse du chômage et de la précarité, le Ministère de l’Éducation Nationale décide tout simplement de ne plus étudier le chômage en seconde. De plus, la densité des sciences sociales dans le programme est amoindrie au profit de la microéconomie. Ajouté à cela, la mise en évidence de l’idéologie libérale au détriment de toutes les autres ». Apprendre aux enfants « l’idéologie libérale » serait donc nuisible. Pourtant, depuis des années qu’ils sont intoxiqués à l’idéologie étatiste, le nombre de chômeurs parmi les jeunes n’a cessé d’augmenter. Comme d’ailleurs le pourcentage de jeunes qui souhaitent devenir fonctionnaires : environ 70% dans la tranche d’âge 16-25 contre 16% aux Etats-Unis.

Une éducation économique sous influence
L’échec des jeunes n’est pas dû au libéralisme mais à l’Education nationale qui ne fait pas bien son travail. Elle ne forme pas les enfants et les adolescents au monde de demain. Elle ne leur enseigne pas les bases de l’économie et ne fait rien pour les habituer à l’entreprise. Les manuels scolaires ne reflètent pas les mécanismes de l’économie. Ils ne sensibilisent pas les jeunes à l’entreprise et au rôle de l’entrepreneur. Les diplômes ne correspondent pas aux réalités économiques et aux demandes des entreprises.
Les manuels d’aujourd’hui ne sont pas aussi marxistes qu’ils l’étaient dans les années 1970. Toutefois, pour ce qui est de l’économie, les manuels privilégient l’Etat et les pouvoirs publics dans leur rôle de régulation du marché. L’économie du XXIe siècle est mondialisée, le libre-échange s’impose un peu partout, et c’est pour cela que l’Etat serait essentiel. Pour illustrer ces idées, on privilégie les auteurs keynésiens, les revues plutôt de gauche et étatistes ou bien les dessins et les représentations politiquement et économiquement correctes. Bref, une économie de marché inévitable mais créatrice d’inégalités et de pauvreté. Méfiance aussi à l’égard des entreprises, des multinationales et, implicitement, des Etats-Unis. Pour ce qui est de la société civile, seuls les mouvements alter-mondialistes sont mentionnés, tandis que l’individu n’est jamais pris en compte.
Cette désinformation est efficace auprès d’élèves qui découvrent la matière et prennent connaissance de nouvelles informations sur des sujets dont ils ignorent tout. 
Dirigé par des syndicats gauchistes et des fonctionnaires méprisants et suffisants, notre système scolaire a sombré. Une partie des enseignants sont régulièrement en grève et ne font que penser à leur statut, à leurs vacances ou à leur départ à la retraite.

Donner aux enfants l’envie d’entreprendre
Rappelez-vous, c’était en mars 2000. Les professeurs de l’enseignement professionnel manifestaient contre Claude Allègre, ministre de l’Education nationale de l’époque, parce qu’il voulait intégrer à cet enseignement des stages en entreprise. Pour les professeurs, cela signifiait « soumettre l’école au capitalisme ». C’est inouï ! Ne pas travailler dans l’entreprise durant l’enseignement professionnel c’est comme si l’on interdisait aux élèves d’une école navale de mettre les pieds sur un bateau.
Ce n’est donc pas étonnant que tous les ans des bataillons d’illettrés quittent les bancs de l’école pour accroître le nombre de chômeurs. Les fonctionnaires de l’Education nationale reconduisent leur modèle de gens étriqués, qui cherchent avant tout à se mettre à l'abri (fonction publique, professorat) et à vivre si possible aux dépens des autres. Alors qu’il faudrait, au contraire, inciter les enfants à sortir des sentiers battus, à découvrir, innover, prendre des initiatives, leur insuffler le goût du risque, les former au grand large ! Il faudrait aussi les habituer à la ponctualité, à la politesse, au respect de soi et des autres !
La connaissance de l’entreprise devrait susciter chez eux un véritable enthousiasme, elle pourrait leur donner plus de confiance, et l’envie de devenir, comme les créateurs de Google, des entrepreneurs à seulement 25 ans...

 

 

 

 


Commentaires

Le complexe de Guy Degrenne

Il paraît assez évident que Monsieur Lecaussin à souffert dans son enfance d'un ou de plusieurs traumatismes sévères dans le cadre de sa scolarité. Une partie de son activité consiste aujourd'hui à tenter de prendre une revanche sur ce milieu scolaire qu'il estime sans doute avoir été trop dur avec lui. Il faut le dire à sa décharge, tous les enseignants ne sont pas parfaits et certains peuvent même être traumatisants. Néanmoins pour tomber dans ce syncrétisme qui pour le coup frôle le crétinisme, il faut très certainement une base fragile ou bien de graves traumatismes.
Cela me rappelle fortement l'anecdote d'une lettre d'un parent d'élève qui pour remettre à sa place un enseignant qu'il jugeait trop sévère avec son fils concluait sur ces mots : "... cela se saurait s'il fallait être bon à l'école pour réussir ... VOIR GUY DEGRENNE"
La vidéo de cette publicité mémorable des années 8O : http://www.youtube.com/watch?v=mbkuc_i0XiY
Stephan Bertrand

Faut connaitre les programme

Moi prof de technologie au collège.
j 'ai toujours fait de la micro économie. Le seuil de rentabilité, les couts fixes, les couts variables etc.... Les 3ème font des stages... on fabrique des objets en analysant le cout et la concurrence. C'est tellement simple facile et tautologique qu'en seconde il faut qu'ils voient autre chose au niveau macro.... Personnellement je vote blanc depuis 30 ans sauf au local, car je trouvais et trouve les analyses des uns et des autres ( les doxa de gauche qui trainaient depuis longtemps et les doxas libérales qui nous envahissent actuellement) tellement crées par la frustration ( chacun la sienne).Ces analyses étaient et sont consternantes des deux bords. Mais les théories? Les théories ??? Une science molle l'éco. Qu'on l'enseigne à ce titre, comme la philo.
PS : Au final je ne suis pas modem.

La bave de l'immonde crapaud n'atteint pas la blanche colombe

Monsieur,
Au vu de la teneur de votre article, l'objet de mon commentaire résume très bien et succintement ma colère et incompréhension.
Chantal Lannier, professeur de SES et fière de l'être car mes pensées ne sont pas aussi étroites que les votres.

REPONSE A TOUTES LES REACTIONS

Si l'éducation nationale était aussi bien que vous le dites dans vos réactions et si les enseignants étaient aussi bons, on ne connaîtrait pas la catastrophe actuelle : malgré l'argent dépensé (61 Mds d'euros, 22 % du budget de l'Etat), l'école fabrique des armées de semi-illetrés et de futurs chômeurs. Un peu de décence dans vos propos et un peu plus d'argumentation. Je ne compte plus les rapports, les études ou les livres (y compris les livres écrits par les enseignants) qui dénoncent un système en faillite. Débarrassez-vous plutôt des syndicats et du pédagogisme qui ont tué l'école

Décidément, vous le faites

Décidément, vous le faites exprès !

Il ne s'agit pas de dire si l'éducation nationale est bien ou pas bien. Avec une telle vision binaire, nous n'irions pas loin. On ne pourrait pas dépasser le cadre du j'aime/j'aime pas.

En fait, je suis persuadé que vous pourriez trouver des enseignants qui d'une certaine façon seraient d'accord avec vous. On pourrait s'entendre : oui, il y a une véritable gabegie, une incurie dont les coupables - puisque vous semblez avoir besoin d'en trouver - sont plus nombreux, plus variés que vous ne le pensez, et peut-être même intangibles, parce que structurels.
Le fait est qu'avec 20% du budget, on pourrait s'attendre à d'autres résultats. C'est vrai. Mais on travaille avec des êtres humains. On ne peut pas les torturer jusqu'à ce qu'ils se passionnent pour l'école !

Vous parlez d'argumentation ! C'est drôle ! C'est en ceci que je vous invitais à venir dans mon cours. On ne convainc personne en le traitant de con (c'est ce que vous faites en évitant soigneusement le mot). Bâtir une argumentation, c'est avant tout chercher à convaincre, et pour convaincre, il faut chercher l'attention de l'auditoire. C'est ce que les anciens appelaient la captatio benevolentiae !

Mais vous ne le ferez jamais, parce que la vérité, le véritable sujet de votre article est celui-ci : vous ne pouvez pas saquer les profs !

Yann Houry

quand le pathétique s'appuie sur le ridicule...

votre article est bourré de poncifs et d'idéologie!
ainsi, la prochaine fois, je vous conseille de garder votre prose nauséabonde pour que vous puissiez l'exposer par un dimanche matin ensoleillé au sein d'un bar-PMU...
vous y aurez beaucoup de succès!

en n'espérant ne plus vous lire!

Réponse d'une parasite

L'article ci-dessus manifeste une partialité pour le moins douteuse chez un ancien observateur des administrations publiques. QUI parasite quoi ? Sont-ce les professeurs, soucieux d'"élever" les jeunes gens qui leur ont été confiés vers un statut d'adultes éclairés et susceptibles d'exercer leur sens critique, ou ceux, au nom desquels vous semblez vous exprimer, qui rêvent d'une économie mondialisée où la seule idéologie demeure celle de faire plus de bénéfice que l'entreprise concurrente ? Où les "chefs" se versent des salaires toujours plus énormes et disproportionnés, au détriment de ceux qui les engraissent et les nourrissent, de ces travailleurs qu'ils n'hésitent pas à mettre à la rue dès qu'ils sentent leur fortune menacée par les aléas, justement, de cette sacro-sainte "concurrence" ? Non, décidément, changez de cible, vous faites fausse route !!!

Eliane Thépot, ayant déjà sévi 8 ans en Zone d'Education Prioritaire, parasitant depuis 10 ans le lycée Henri IV à Paris

Après le mépris des

Après le mépris des scientifiques du GIEC, le mépris des enseignants et de la fonction publique en général ! Décidément, Nicolas Lecaussin ne croit qu'à une chose : donnez tout au privé, il vous rendra heureux. Très peu pour moi.
Claude T

tssssssss

Il faudrait aussi les habituer à la ponctualité, à la politesse, au respect de soi et des autres !

Est ce la travail de l'école ou celui des parents ?

Il faut connaître l’entreprise dès le lycée

Monsieur,
cela fait plusieurs années que les enseignants de sciences économiques et sociales, dont je suis, sont la cible de libéraux qui cherchent un bouc émissaire à leur manque de prise sur les jeunes. Pour savoir si je suis responsable de l'image négative que les jeunes ont de l'entreprise, je fais chaque année un petit sondage auprès de mes élèves. Devinez quoi ? Ils ont majoritairement une mauvaise image de l'entreprise, mais ils ne m'accusent en rien. Ils sont en effet bien plus sensibles aux reportages sur les plans sociaux qu'ils voient au journal. En outre, je vous rappelle, a moins que je ne vous l'apprenne, que nous n'avons en cours que 40 % des élèves de seconde générale et à peine plus de 30 % des élèves de bac généraux, c'est-à-dire moins du quart d'une classe d'âge. Or, le sentiment de défiance des Français à l'égard des entreprises (notamment des grandes entreprises) touche une bien plus large part de la population, ce qui met en grande partie hors de cause les profs de SES.

Si nous montons au créneau contre les nouveaux programmes, ce n'est pas parce que nous ne voulons pas entendre parler de libéralisme. Nous l'enseignons à nos élèves. Si nous nous opposons à ces programmes, c'est parce qu'ils n'offrent qu'une vision microéconomique. Or, je ne connais pas votre niveau d'économie, mais mes cinq années de sciences éco m'ont clairement fait comprendre que la microéconomie n'est en rien un élément de compréhension de l'entreprise. Initiée par des gens comme Léon Walras, ingénieur de formation, elle s'inspire de la science physique, ce qui lui a permis de gagner ses lettres de noblesse, et énonce ce que l'entreprise devrait être pour fonctionner de façon optimale.

En ce qui concerne les vacances, grand poncif devant l'éternel, je vous signale que les enseignants sont payés pour 10 mois de travail. Les traitements perçus en juillet et août sont une régularisation.

Cordonnier pas plus haut que la chaussure

Votre post est un florilège de poncifs j'en relèverai deux pour faire léger :
"...l’entreprise, la seule créatrice de richesses", qu'en serait-il du secteur bancaire sans l'aide des emprunts publics, on dirait que l'entreprise peut aussi générer des déficits abyssaux, entraînant désespoir et misère pour des millions de gens. "L’échec des jeunes n’est pas dû au libéralisme mais à l’Education nationale" En effet, c'est bien connu, c'est l'Education Nationale qui crée des emplois pour les jeunes à l'issue de leur formation. Lorsque j'ai commencé ma carrière dans l'E. N. je "plaçais" des jeunes dans les entreprises, la phrase qui revenait le plus souvent dans les entretiens était "apprenez leur à lire et à écrire on s'occupera du reste" je suis maintenant professeur d'Arts Plastiques (vous devez dire dessin)et j'essaye de m'occuper du "reste" afin que les jeunes adultes qui sortiront de formation ne soient pas victimes de points de vue aussi réducteurs que les vôtres. Vous êtes certainement une sommité dans votre domaine (si l'on n'en croit le chapeau du blog ; La recherche économique et fiscale) mais je vous conseillerai à l'instar de l'artisan interpellé par Appelle de vous en tenir au titre du commentaire.

Dommage

C'est vraiment dommage d'écrire un article à la pensée aussi étriquée, pour défendre par ailleurs une noble cause... un beau gâchis.

Vous devez avoir une idée de

Vous devez avoir une idée de ce que le fonctionnaire méprisant, suffisant et étriqué vous dit, non ?

Votre article prouve que vous n'avez aucune compétence à parler d'éducation. Vous ne comprenez absolument pas de quoi il retourne.
Vous ne pourrez prétendre le contraire, vous qui développez une - disons - argumentation dont les arguments relèvent de la caricature et d'une certaine forme de racisme.
Au reste, vous mélangez tout dans un si petit article. Vous auriez pu vous contenter de défendre l'idée d'une éducation économique sous influence sans vous montrer aussi déplaisant.

Je vous inviterai bien à suivre l'un de mes cours, si la teneur de vos propos ne renvoyait pas involontairement, à travers la piteuse image que vous essayez de brosser du monde enseignant, votre propre portrait, lequel ne donne pas particulièrement envie de vous connaître.

Désolant.

Dernière chose. Mes élèves sont majoritairement ponctuels, polis et respectueux (ce que vous n'êtes assurément pas).

Je suis tout à fait prêt

Je suis tout à fait prêt à assister à votre cours mais vous n'avez fait aucune précision vous concernant, ni nom, ni mail...

 

Vous avez raison. J'ai omis

Vous avez raison. J'ai omis tout cela.

Cependant, je me demande ce qu'il pourrait ressortir d'une telle rencontre. En me relisant, je me dis qu'il y a peut-être une confusion dont je suis responsable. Vous pensez peut-être que je suis professeur d'économie. Il n'en est rien : j'enseigne le français dans un collège de l'Aube.

Mais la proposition est toujours valable : vous êtes toujours invité à constater à quel point vous êtes dans l'erreur. Je ne parle évidemment pas d'économie, domaine pour lequel je me garderai bien de donner mon avis, mais du monde de l'éducation en général et des enseignants en particulier.

Je n'aime pas laisser mon adresse sur internet. En revanche, vous trouverez sur mon site un formulaire de contact (en bas de chaque page).

Vous pouvez m'écrire sans

Vous pouvez m'écrire sans crainte à l'adresse suivante : irefeurope@gmail.com

le fait que vous soyez prof de français change beaucoupe choses,

Cordialement,

NL

Cela change beaucoup de

Cela change beaucoup de choses en effet !

J'ai voulu vous écrire, et finalement j'ai développé une première réponse sur mon blog. J'y ai évidemment parlé de mon indignation.

Je viens d'écrire un deuxième article, dans lequel j'évoque les rapports entre école et entreprise.

Il s'agit de vous apporter la contradiction, vous vous en doutez.

Cordialement,

Yann Houry

Enseignement de l'économie

On pourrait ajouter à la liste des ignorants tous les adultes pour qui l'économie se résume à "l'Horreur Economique" best seller de Madame Forrester, mais malheureusement résumé de stupidité primaires.