Les éoliennes : un danger - très coûteux - pour l’homme et la nature

Pourquoi un pays qui exporte 15 % de sa production d’électricité persiste à construire des milliers d’éoliennes qui enlaidissent son territoire ? Pourquoi payer 3 millions pour une machine dont on n’est pas sûre si elle va fonctionner ? Sûrement par dogmatisme écologique et intérêt financier.  Enquête de Nicolas Lecaussin

Pourquoi un pays qui exporte 15 % de sa production d’électricité persiste à construire des milliers d’éoliennes qui enlaidissent son territoire ? Pourquoi payer 3 millions pour une machine dont on n’est pas sûre si elle va fonctionner ? Sûrement par dogmatisme écologique et intérêt financier.  Enquête de Nicolas Lecaussin

Aujourd’hui, 2 000 éoliennes enlaidissent les paysages français, demain il y en aura 15 000. Pour quoi faire ?
Alors que la France est un exportateur d’énergie produite par des centrales nucléaires à un prix peu élevé, nos gouvernants ont décidé de faire de l’électricité avec du vent. Ce n’est pas si simple et, surtout, c’est trop coûteux. Les débats autour du sujet sont faussés par les objectifs écologiques et le fromage que les constructions d’éoliennes ont créés. Peu de gens savent aussi que ces éoliennes – des « aérogénérateurs » - produisent des gaz à effet de serre et bafouent le protocole de Kyoto. D’un côté il y a l’Etat, ses administrations et ses fonctionnaires avec en tête l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), ce « machin » qui milite contre le nucléaire. De l’autre côté, les collectivités locales et les entreprises privées qui ont vu dans cette affaire des possibilités pour toucher des subventions conséquentes. Sans connaître, bien évidemment, les coûts et le fonctionnement de la machine. Car une éolienne c’est d’abord un socle de béton armé de 1 500 tonnes, d’un mat en acier ou en béton armé de 80 à 110 mètres et d’une nacelle contenant le générateur d’électricité entraîné par une hélice tri-pale. Chaque pale peut atteindre une dimension de 45 mètres et la nacelle pèse plus de 70 tonnes. Le coût complet se situe entre 2 et 3 millions d’euros.
Une éolienne ne sert à rien 76 % du temps
Une éolienne tourne à une vitesse constante de l’ordre d’un tour par seconde mais en bout de pale la vitesse peut atteindre 300 km par heure. Sa puissance électrique varie entre 1,5 à 2,5 mégawatts mais elle dépende entièrement de la puissance du vent ? Si le vent ne souffle pas, une éolienne peut ne produire aucun mégawatt pendant 365 jours. C’est à partir d’une vitesse du vent de 15 km/h que l’éolienne produit. Par contre, si la vitesse dépasse 85 km/h, il faut débrancher la machine pour des questions de sécurité. La productivité d’une éolienne est donc totalement aléatoire et à l’auteur de comparer avec une ampoule qui n’éclairerait que… quelques jours par semaine, au hasard.
 
Le problème c’est qu’en moyenne, une éolienne ne sert à rien 76 % du temps. Quelle entreprise privée garderait en fonction un appareil industriel qui ne « travaille » que 24 % du temps. Cette inefficacité engendre un prix de revient tellement élevé que les subventions publiques doivent couler à flots.
Le coût de l’électricité est multiplié par deux
Pour produire la même quantité d’électricité qu’une centrale nucléaire comme Civaux, dans la Vienne, il faudrait plus de 6 500 éoliennes qui seraient installées à une distance de 1 km l’une de l’autre et qui couvriraient 650 000 hectares, soit l’équivalent d’un département français ! Et l’objectif du Grenelle de l’environnement est 25 000 mégawatts produits par des éoliennes ce qui représenterait 22 000 éoliennes supplémentaires. Le prix d’achat d’une éolienne est estimé à 1 300 euros le kilowatt éolien ce qui veut dire qu’une éolienne coûte entre 2 et 3 millions d’euros : 70 % du prix c’est le coût de la machine, 13 % est représenté par l’électrification du site, 8 % par le génie civil et le levage et 6 % par l’ingénierie. Par contre, on ne connaît pas du tout le coût du démantèlement d’une éolienne : le béton, la structure en acier, etc… Les écologistes, si prompts à nous vanter les mérites de l’énergie du vent, s’en désintéressent totalement.
 
Aujourd’hui, le tarif de rachat de l’électricité éolienne est fixé à 8,2 euros le kilowatt/h (soit plus de 2 fois le prix normal de l’électricité), ce qui permet aux investisseurs une rentabilité « anormalement » élevé. D’où l’intérêt des promoteurs privés et des propriétaires de terres (dans un bon emplacement de 100 hectares, vous pouvez vous assurer un revenu annuel de plus de 50 000 euros avec seulement 4 éoliennes). On estime à 35 – 40 Mds d’euros le coût de l’investissement direct pour les éoliennes dans les années à venir. EDF est d’ailleurs le premier client des éoliennes. Par une astuce à la charge Français, EDF augmente ses factures pour payer l’énergie éolienne : il s’agit de la fameuse CSPE (Contribution au service public de l’électricité) qui se trouve en bas de notre facture. Officiellement, c’est pour aider les zones défavorisées, en réalité, c’est pour financer l’éolien…
 
Enfin, l’éolienne émet – indirectement – beaucoup de CO2. Comme elle marche par intermittence, il faut combler le manque d’électricité. Alors, ce sont les centrales thermiques qui régulent l’éolien en émettant beaucoup plus de CO2… Ce ne sont que quelques aspects de la tromperie des éoliennes, ce premier grand fromage du XXIème siècle.


Commentaires

Lutte contre la désinformation

Sur le plan technique:

Pour l'anecdote, compte tenu de l’erreur grossière sur un sujet pourtant simple et sans grande importance. L'auteur dit qu'une éolienne tourne à 1 tour/seconde. De quelle éolienne parle-t-il, certainement pas de celle ayant des pales de 45 m? Chacun peut vérifier qu'une éolienne met environ 3 secondes pour faire un tour, valeur qui est cohérente avec les 300 Km/h en bout de pale. Cette erreur simpliste met un discrédit sur les arguments plus complexes avancés.

Les 300km/h ont-ils été cités pour faire peur à l'époque où les trains vont à cette vitesse?

Une éolienne ne servirait à rien 76% du temps. C'est un argument simpliste. En réalité le facteur de charge d'une éolienne est de 24% ce qui ne veut pas dire qu'elle est à l'arrêt 76% du temps. Elle peut très bien fonctionner 50% du temps à mi-puissance. Le facteur de charge c'est l'énergie produite divisée par l’énergie maximale qu'elle pourrait produire si elle fonctionnait tout le temps à pleine puissance.

Pour les centrales thermiques (nucléaires ou à énergie fossile) le rendement est de 30%. Aussi, on peut dire qu'une centrale thermique, nucléaire ou autre, utilise 70% d'énergie primaire non-renouvelable pour rien. C'est comme si elle tournait 70% pour rien et 30% avec un rendement de 1.

Les éoliennes produiraient indirectement du CO2 car il faudrait des centrales à énergie fossile pour compenser l'irrégularité de production des éoliennes. Ceci est complètement faux. Les centrales à énergie fossile ont été construites avant les éoliennes.

Car en réalité la problématique est que le nucléaire ne peut pas s'adapter aux variations de consommations, il faut, même avant les éoliennes, des centrales à énergie fossile en plus des centrales hydrauliques pour satisfaire la demande. Donc les éoliennes, quand elles fournissent de l'électricité, évitent de mettre en service des centrales à énergie fossile. Donc elles réduisent les émissions de CO2 contrairement à ce qui a été écrit.

Les éoliennes enlaidissent le territoire, ceux qui disent cela doivent trouver que les lignes à haute tension l'enjolivent. Tout le monde aura remarqué qu'à la sortie des champs d'éoliennes il n'y a pas de lignes haute tension car la production éolienne est une production répartie qui injecte sur le réseau 20000 volts qui peut être enterré.

"Pourquoi payer 3 millions une machine dont on est pas sûr qu'elle va fonctionner?" Les éoliennes sont implantées dans des zones dont on connaît le potentiel éolien. Les statistiques météorologiques permettent de connaître la densité de vent mois par mois longtemps à l'avance. On sait qu'en hiver il y a plus de vent qu'en été or c'est justement en hiver que la consommation d'électricité est la plus importante. À 24 heures, la précision de la météorologie permet d'estimer la production de chaque éolienne. C'est le délai de prévision d'ERDF pour tous ses moyens de production (nucléaire, hydraulique, fioul, charbon, éolien, ...).

Une éolienne peut ne produire aucun KWh pendant 365 jours. Qui peut croire une telle ineptie? Voir dito les éoliennes sont implantées dans des zones dont le potentiel éolien est favorable. Qui investirait 3 millions pour ne rien produire?

Sur le plan économique:

On ne peut pas dire "quelle entreprise privée garderait en fonction un appareil qui ne travaille que 24% du temps" (or ce sont des entreprises privées qui investissent dans l'éolien) et écrire quelques lignes plus bas; "le prix d'achat du kWh est fixé à 8,2 c€/kWh pour l'éolien soit 2 fois le prix normal de l'électricité ce qui conduit à une rentabilité anormalement élevée". L'éolien est-il ou non rentable pour les investisseurs?

Parler du coût du démantèlement de l'éolien est de la provocation. Qui peut croire que quelques bâtons de dynamite bien placés ne viendraient à bout d'un cube de béton de 8 m de coté (et oui, 1500 tonnes de béton c'est un cube de 8 m de coté)?
Si les cannettes de boisson trouvent preneur auprès des sidérurgistes qui peut croire que le mât en acier ne pourrait pas leur être revendu. On peut faire le même raisonnement pour le cuivre contenu dans la nacelle.

Quand je dis que parler des coûts de démantèlement de l'éolien est de la provocation c'est parce que le coût de démantèlement du nucléaire est pharaonique. Le seul exemple de démantèlement nucléaire grandeur nature est la centrale de Brennilis. Ça fait 20 ans que ça dure et ce n'est pas fini, ça a coûté 8 c€/kWh produit et ce n'est pas fini.

Dire que le kWh nucléaire est peu cher est de la malhonnêteté car on laisse les coûts les plus importants aux générations suivantes (démantèlement, gestion des déchets). Tout le monde comprendra qu'il est moins cher de construire une centrale qui n'est pas encore irradiée que de la démanteler après irradiation. Or le coût du kWh prend en compte le seul investissement de construction. Qui peut penser que gérer des déchets sur 100 000 ans n'aura pas des coûts astronomiques?

L'auteur dit que les subventions publiques doivent couler à flot pour l'éolien. Bien sûr il n'affirme pas, mais quand on ne sait pas on ne dit rien. En réalité les subventions publiques pour le développement des énergies vont à 5 % pour les énergies renouvelables. Les 95% sont partagées entre le nucléaire et les énergies fossiles. Il suffit de consulter les lois de finances pour s'en rendre compte.

Si l'on se pose la question pourquoi construire des éoliennes alors que l'on exporte de l'électricité, il faut aussi se poser la question pourquoi construire des réacteurs nucléaires EPR alors que l'on exporte de l'électricité? Certainement pour exporter plus et conserver les déchets radioactifs en France.

Je regrette que l'IREF prenne à son compte des informations sans les vérifier.

L'auteur pratique l'adage: Accusons, accusons, même si c'est faux il en restera bien quelque chose.
Cordialement
Roger Tardy

Quelques points sur ce

Quelques points sur ce plaidoyer pro-éolien. Sur l’esthétique d’abord, encore que ce n’est pas le problème que je considère comme essentiel. Comme les éoliennes ne produisent pas en permanence, il faut quand même prévoir des centrales thermiques supplémentaires et les lignes électriques à haute tension pour amener l’énergie quand elles ne fonctionnent pas. Les populations auront donc les éoliennes ET les lignes à haute tension.
Mais le problème essentiel pour moi est celui du coût de l’électricité produite par les éoliennes. Le prix d’achat obligatoire par EDF est du double du coût de production moyen de ses centrales (8c€ conte 4 c€ le KWh). Mais comme cette production ne peut pas être commandée quand on en a besoin, sa valeur, son utilité sont beaucoup plus faibles. Cette électricité ne sert par exemple pratiquement à rien la nuit. Si EDF pouvait s’exprimer, j’estime que l’utilité de cette électricité éolienne serait divisée par 2 ou 3. EDF achète donc cette électricité entre 16 et 24 c€. De plus, ces éoliennes supposent un changement majeur dans la gestion du réseau électrique. Le rendre « intelligent », pour tenir compte de ces multiples sources d’énergie et des variations prévues et imprévues des productions éoliennes et photovoltaïques est un sujet passionnant pour les ingénieurs, mais dont le coût se chiffre en Mds €. Enfin, si les vents sont plus forts en hiver, ils sont très faibles dans les périodes de grands froids comme celles qu’on a connu en décembre 2009 et janvier 2010, et aussi pendant la canicule de 2003 où la France souffrait aussi d’un déficit d’électricité.
En ce qui concerne le nucléaire, il est exact que ni le monopole d’EDF, ni l’enchevêtrement CEA/AREVA/EDF n’ont favorisé la transparence des coûts et des provisions à prévoir. Des bilans d’entreprises privées auraient du être autrement convaincants pour rassurer leurs actionnaires. Mais avec l’allongement des durées de vie des réacteurs (quasiment un doublement par rapport au plan initial), il est difficile d’affirmer que les gains considérables que cela représente ne permettent pas de couvrir les frais de démantèlement.
 

Réponse

Dixit:"Comme les éoliennes ne produisent pas en permanence, il faut quand même prévoir des centrales thermiques supplémentaires"

Réponse: FAUX voir la démonstration dans mon 1er message. Il ne suffit pas d'affirmer il faut prouver: où sont ces centrales supplémentaires?

Dixit:"Le prix d’achat obligatoire par EDF est du double du coût de production moyen de ses centrales (8c€ contre 4 c€ le KWh)."

Réponse: VRAI si on ne prend pas en compte les 8c€ du démantèlement et le coût de la gestion des déchets, mais on s'en fout ce sont les générations futures qui paieront.

Dixit: "Mais comme cette production ne peut pas être commandée quand on en a besoin, sa valeur, son utilité sont beaucoup plus faibles. Cette électricité ne sert par exemple pratiquement à rien la nuit. Si EDF pouvait s’exprimer, j’estime que l’utilité de cette électricité éolienne serait divisée par 2 ou 3. EDF achète donc cette électricité entre 16 et 24 c€."

Réponse: C'est pareil pour le nucléaire qui produit aussi la nuit quand on n'a pas besoin de toute la puissance. Donc il faut multiplier le coût du nucléaire par 2 ou 3 la nuit. A la différence du nucléaire qui est obligé de produire, les éoliennes pourraient être mise en "roue libre" quand on n'en a pas besoin.

Dixit: "De plus, ces éoliennes supposent un changement majeur dans la gestion du réseau électrique. Le rendre « intelligent », pour tenir compte de ces multiples sources d’énergie et des variations prévues et imprévues des productions éoliennes et photovoltaïques est un sujet passionnant pour les ingénieurs, mais dont le coût se chiffre en Mds €."

Réponse: FAUX: c'est déjà fait, sur une même journée ordinaire il n'est pas rare que la consommation varie de 1 à 4 et plus entre 3h et 18h. S'adapter à la production éoliennes et photovoltaïques est du second ordre mathématique par rapport à l'adaptation à la variation de la consommation.

Dixit: "Enfin, si les vents sont plus forts en hiver, ils sont très faibles dans les périodes de grands froids comme celles qu’on a connu en décembre 2009 et janvier 2010, et aussi pendant la canicule de 2003 où la France souffrait aussi d’un déficit d’électricité."

Réponse: Cela peut être vrai, mais pas pour la vague de froid que l'on a vécue qui n'était pas un froid anticyclonique mais dépressif et accompagné de vent. Mais ces aléas climatiques sont aussi vrai pour les centrales thermiques (nucléaires et autres) qui ont besoin d'énormément d'eau liquide pour les circuits de refroidissement. Cette eau liquide peut manquer en période de sècheresse et même de grand froid (eau gelée). Pour mémoire mise au ralenti de centrales nucléaires en été 2003 et hiver 1985.

Dixit: "Mais avec l’allongement des durées de vie des réacteurs (quasiment un doublement par rapport au plan initial), il est difficile d’affirmer que les gains considérables que cela représente ne permettent pas de couvrir les frais de démantèlement.(dixit)"

Réponse: Quels gains? C'est au prix d'une maintenance accrue que les centrales sont prolongées. En octobre 2009 30% du parc nucléaire était en maintenance. De toute façon votre démonstration ne tient pas 4c€ divisé par deux ça fait toujours plus que 8c€ divisé par deux.

Suggestion de conclusion: La sécurité énergétique provient de la diversité des sources d'approvisionnement. L'éolien participe à cette diversité.

Roger Tardy