Les nouveaux impôts de la peur
Cet article a été repris par le Wall Street Journal dans son édition du 25 fevrier 2010.


Alors que le XXème siècle n’a pas encore refermé les plaies de ses idéologies meurtrières, le XXIème siècle s’invente de grandes peurs pour justifier de nouveaux totalitarismes. Commentaire de Jean-Philippe Delsol.
Du réchauffement climatique au H1N1, ces grandes peurs sont utilisées par les nouveaux idéologues pour en appeler à l’Etat, et les gouvernements peu scrupuleux s’en saisissent volontiers, avides d’augmenter leurs pouvoirs et de justifier un carcan légal et des prélèvements opérés indûment. Après l’échec définitif du communisme, les idéologues, qui ne peuvent plus décemment se prévaloir de Marx et de ses épigones pour régenter le monde, ont imaginé de nouveaux moyens de soumettre les peuples à une pensée unique et à un pouvoir exclusif et dominateur.
Au nom du réchauffement climatique, les écologistes cherchent à mobiliser un pouvoir mondial capable d’imposer à la société toute entière de revenir à l’âge des cavernes, avant même que le feu existât tant celui-ci a contribué à la déforestation ! Déjà ils ont réussi à faire que nos ampoules n’éclairent plus, que nous soyons assujettis à de nouvelles taxes dites « carbone », et bientôt ils voudront que nous ne mangions plus de bœuf, que nous n’ayons plus d’enfants… Les hommes politiques qui à Copenhague ont, dans la cacophonie, contribué à cet hallali du progrès du monde n’ont sans doute pas toujours conscience du danger de leur attitude. Ils croient parfois être libéraux, ne décidant d’user de la force contre certains membres de la communauté mondiale que pour les empêcher de nuire aux autres, en accord à ce titre avec John Stuart Mill. C’est l’excuse qu’il est encore possible d’accorder au président Nicolas Sarkozy influencé par le principe de précaution que son prédécesseur a inscrit dans la constitution. Mais les prémisses sont fausses car le réchauffement qu’ils invoquent n’est pas encore démontré et le lien avec l’activité humaine est de moins en moins crédible aux yeux d’ une partie significative du monde scientifique.
Au nom d’une possible et néanmoins très hypothétique pandémie, le gouvernement français s’est arrogé l’exclusivité de la vaccination contre la déferlante annoncée de la grippe H1N1, comme si l’Etat pouvait seul contrôler un tel fléau, comme si les médecins avaient perdu subitement toute capacité. Il a fallu que quelques 4 millions de Français, rendus inquiets par une propagande médiatique forcenée, fassent la queue dans des centres administratifs aussi efficaces que l’administration soviétique au temps de sa splendeur. Quand les internes et autres médecins réquisitionnés étaient présents, ce qui n’était pas toujours le cas, les infirmières manquaient ou les pompiers,-oui, car il fallait des pompiers eu égard à la gravité de la chose-, ou plus simplement les clés du local… L’Etat voulait agir seul et régir seul cette arlésienne, et bien entendu il l’a fait mal et au détriment de la confiance que le patient entretient naturellement avec son médecin. Mais il l’a fait à nos frais, en taxant dans la loi de finances rectificative les mutuelles, c’est à dire nos cotisations, à 0,77% de leur chiffre d’affaires.
Au nom de la crise financière, les Etats se sont empressés de se prétendre seuls capables de sauver le monde de la fin du monde. Il fallut admettre bientôt qu’il s’agissait tout au plus d’ailleurs de la fin d’un monde avant que de constater que le monde continue comme avant. Et s’il doit survivre peut-être un peu plus mal qu’avant c’est qu’ il sera désormais un peu plus encadré par des institutions étatiques multiples et inadaptées, capables surtout d’entraver la marche normale des affaires du monde. Et déjà la crise justifie-t-elle de nouveaux impôts sur les banques et des taxes sur les bonus, des contraintes sur les entreprises et en perspective l’inflation et une hausse globale des prélèvements fiscaux et sociaux.
Ces grandes peurs sont toutes prétextes à plus d’Etat et moins de liberté. Elles sont les instruments de tous ceux qui sont frustrés par l’échec du socialisme qu’ils essaient de faire revivre autrement. Elles sont les oripeaux dont se parent les nouveaux idéologues pour instiller dans la société désormais planétaire le fléau qu’ils n’ont pas renoncé à répandre.
Ces nouveaux idéologues utilisent les mêmes méthodes que leurs anciens maîtres. Ceux-ci ralliaient à leur cause au nom de la lutte contre la misère ou de l’inégalité. Ceux-là en appellent aux risques dits systémiques du climat ou de l’économie. Tous manient les bons sentiments et de pseudos arguments scientifiques pour que leurs discours deviennent propos communs, langue de bois et verbiage politiquement correct. Tous répudient la critique et la liberté de la recherche et de la parole. Le scandale de l’Université d’East Anglia en a apporté la démonstration : un millier de mails saisis n’avait pour seul propos que d’écarter du débat les scientifiques sceptiques à l’égard du réchauffement climatique ou, du moins, de son origine humaine.
L’histoire pourrait-elle se répéter ? Le collectivisme et l’étatisme qui nous sont prêchés aujourd’hui pourraient nous ramener quelques années en arrière, et conduire le monde à ce modèle déjà et trop tôt oublié du soviétisme, que Sartre nous donnait en exemple. Alors dissuadons nos contemporains d’écouter les marchands de peur, et exerçons notre liberté pour sauver notre monde.












Commentaires
problème pour le troisième thème
Notre auteur est perspicasse pour les deux premiers sujets car effectivement le réchauffement tout CO2 est une fable du GIEC et le scandale n'en fini plus de se propager, ensuite la saga de la grippe s'est avérée un hoax digne des meilleurs morceaux de l'internet qui fut le seul espace d'inormation où on a dénoncé tout le montage de l'OMS.
Pour la crise finacière elle a bien eu lieu et nous sommes très loin d'en avoir connu le dénouement.
Il n'est pas question de peur et de fantasme mais bien d'une remise en cause de tout le système financier mondial avec des pertes abyssales qui ont été partiellement transférées sur les dettes des états.
L' effet systémique destructeur mis en branle touche maintenant le financement des gvts.
Une prochaine vague de problèmes bancaires est prévue pour les 18 mois à venir.
Mike
Excellent alibi
Si les gouvernements, quels qu'ils soient, suivent tous ces créateurs de nouvelles peurs, c'est surtout pour nous donner l'impression qu'ils nous gouvernent. C'est tellement plus facile de nous protéger d'un danger factice, que de prendre des décisions difficiles qui ne feront pas que des heureux.
Le malheur, c'est qu'une partie de la population se laisse berner; le fameux docteur Knock a de l'avenir !
Capitalisme ? Quel capitalisme ?
Les commentaires entendus sur la crise financière avaient, pour beaucoup, en commun de dénoncer le système capitaliste, coupable à leurs yeux de la crise des subprimes qui aurait ruiné des millions de gens.
Si l'on relit un des livres fondateurs du capitalisme, "la richesse des Nations" d'A. Smith, on y lit que la Marché est "autorégulé" par une "main invisible"... à condition que l'information soit complètement accessible à tous, que la "transparence" y soit absolue, bref qu'il n'y ait aucune distorsion non seulement de concurrence mais aussi d'information sur les acteurs et les produits financiers.
Dans la crise des subprimes, c'est bien le contraire qui s'est produit : ces produits "toxiques" ont été "dissouts" dans des produits financiers plus généraux, si bien que ces derniers étaient achetés sans qu'on connût réellement les risques associés.
De même, les banques ont été fortement incitées à accorder des prêts immobiliers à des clients non solvables par différentes lois prises par les gouvernements américains, souvent démocrates, désireux de permettre à tous l'accès à la propriété. Cette idée très généreuses a laissé croire à des millions de gens qu'il leur était possible d'emprunter au-delà de leurs moyens, en supposant que la croissance économique règlerait une partie de l'addition.
Dans les deux cas, on voit qu'on est loin du capitalisme imaginé par A. Smith : l'absence de transparence règne.
Le développement des "dark pools" depuis le début de l'actuelle crise financière laisse à penser qu'aucune leçon n'en a été tirée, et que cette opacité n'est pas prête de s'arrêter.
Si une action des états est souhaitable, en particulier dans le domaine de la régulation, c'est donc vers une meilleure qualité de l'information : traçabilité des produits financiers, interdiction des "dark pools", etc...
Curieusement, personne n'en parle, pas même MM. Obama et Sarkozy.
Oui pour dénoncer ces nouvelles idéologies mais...
...l'argumentation contre la régulation de l'activité financière a de forts relents d'une idéologie tout aussi néfaste que celles que vous dénoncez: la toute puissance du marché (du Marché, pardon...Lui a-t-on érigé un temple que j'aille vite m'y prosterner?).
Par ailleurs, si vous ne voulez pas taxer les bonus, il faudra faire en sorte que ceux-ci ne soient pas si déconnectés d'une juste rétribution du travail. Entendons-nous bien: je suis ce qu'on appelle une personne de droite et plutôt libérale mais les excès du moment sont arrivés à m'écoeurer; allez savoir pourquoi, je ne supporte pas qu'on joue à la roulette russe avec mon portefeuille...
La liberté, certes, mais pas sans justice. S'il n'y avait pas d'injustices si criantes, ces idéologues que vous dénoncez n'existeraient pas.
Régulation
Tout à fait d'accord, à condition que la régulation soit contrôlée intelligemment ? Mais est-ce possible dans le monde fou que nous vivons ?