Pourquoi le Massachusetts est devenu Républicain

Le Républicain Scott Brown a gagné le poste de sénateur du Massachusetts en tenant des propos anti-étatistes, critiquant les déficits publics et la réforme de l’assurance-maladie instituée dans cet Etat en 2006, sur le modèle qu’envisage Obama – qui va bientôt affronter à nouveau le Congrès. Nicolas Lecaussin donne des détails révélateurs. 

On a beaucoup parlé de cette élection surprise du 19 janvier pour le poste de sénateur de l’Etat de Massachusetts. Mais en France, les médias ont occulté l’importance de cette élection et surtout les raisons de la victoire du candidat républicain.
La victoire du sénateur Scott Brown avec plus de 5 points de différence sur sa rivale démocrate a fait l’effet d’un séisme aux Etats-Unis. C’est comme si Neuilly passait à gauche ! Tout le monde est d’accord pour dire que ce fut un camouflet terrible pour le président Obama. Mais aussi une victoire pour les idées libérales et conservatrices. Tout d’abord, Scott Brown a fait campagne avec des slogans anti-étatistes : « Le déficit gouvernemental est immoral ! » ; « Qu’est-ce qui a fait la grandeur de notre pays ? L’entreprise, le marché et la liberté ! ».
Ensuite, les habitants de cet Etat de la côte Est des Etats-Unis ont déjà expérimenté la « Sécurité Sociale » à la Obama. En effet, en 2006 une réforme a été introduite par la création d’une assurance maladie gérée par l’administration pour les habitants pauvres de l’Etat. Le problème c’est que trois ans après on a pu mesurer les conséquences catastrophiques de cette innovation. Bien que le nombre des non-assurés ait baissé, il en reste encore plus de 200 000, les coûts ont augmenté de 30% (supérieurs aux coûts au niveau national) et la bureaucratie s’est développée au détriment des assurés. Malgré l’intervention de l’Etat et l’injection de l’argent public, les déficits sont énormes. A titre d’exemple, le coût d’une assurance maladie dans cet Etat pour une famille de 4 personnes dépasse les 16 000 dollars par an contre environ 12 000 au niveau national.
Le candidat républicain a fait aussi campagne contre cette réforme de la santé faite dans son Etat. Les électeurs l’ont suivi et ont donné un terrible avertissement au président Obama pour sa réforme Santé.
 


Commentaires

Pas de leçon des républicains

Bonjour,

Il faut se souvenir que jusque dans les années 1970 les Etats-Unis ont vécu pratiquement sans déficit hors périodes exceptionnelles (2 guerres mondiales et crise du début des années 30) et cela quelle que soit l'étiquette du président.
Dans les 40 dernières années de 1969 à 2009 les démocrates ont été seulement 12 ans aux affaires.
1969-1977 = républicain : on passe d'un excédent à un déficit de plus de 6% ramené à 2% en fin de période.
1977-1981 = démocrate : le déficit fluctue de 2% à 0.
1981-1989 = républicain : le déficit passe de 1,5% à plus de 5% ramené à 2% en fin de période.
1989-1993 = républicain : le déficit passe de 2% à 5% ramené à moins de 3% en fin de période.
1993-2001 = démocrate : le déficit passe de 3% à un excédent de 2% pour finir à l'équilibre.
2001-2009 = républicain : on passe de l'équilibre à un déficit de 4% ramené à 1,5% en fin de période.
Donc dans les années de déficit depuis 1969 les démocrates l'ont contenu et les républicains l'ont creusé.
Quand à Barack Obama il est élu pour 4 ans il faudra le juger dans 4 ans. On ne peut pas le juger sur le 1/4 de son mandat. On peut aussi lui accorder des circonstances atténuantes car il a eu à gérer la crise financière alors que l'administration républicaine avait creusé les déficits ce qui ne laissait aucune marge de manoeuvre.
Pour l'exercice 2008-2009, l'administration de Barack Obama hérite d'un déficit de 1 200 milliards de dollars, soit 8,3 % du produit intérieur brut. Ce chiffre ne tient pas compte du plan Paulson de relance de l'économie de 787 milliards de dollars promulgué en janvier 2009.

En ce qui concerne la prise en charge des dépenses de santé de ceux qui ne peuvent pas payer que proposez-vous: les laisser mourir de leur maladie puisqu'ils sont pauvres?
En France ce sont les classes moyennes et supérieures qui sollicitent le plus la sécurité sociale par individu car ayant les moyens de payer le ticket modérateur elles n'hésitent pas à se lancer dans des dépenses importantes (dentaires, cures...) alors que les pauvres s'abstiennent. Certes ce sont ces classes qui la financent le plus. Mais toute assurance est basée sur la mutualisation des risques.
Je suis pour la CMU mais avec un système anti-fraude (photo d'identité, empreinte digitale...). Je suis pour les franchises pour éviter les abus mais leur efficacité ne se fait pas sentir en France.
Il faut aussi reconnaître que la santé est devenue un commerce qui bénéficient surtout aux laboratoires (exemple la grippe A) et certains professionnels peu scrupuleux (chirurgie esthétique passée sous l'appellation de chirurgie réparatrice pour obtenir le remboursement SS et donc les clients et ainsi gonfler le chiffre d'affaires).
Les systèmes basés sur la mutualisation ont pour corollaire la responsabilité sinon le système explose.
Bien qu'étant à la retraite, c'est à dire avec des cotisations inférieures à celles d'un salarié, nos remboursement SS sont inférieurs à 18% des cotisations en 2009.

Salutations distinguées
Roger TARDY

victoire du bon sens au Massachussets

Le Président LINCOLN - qui serait un modèle pour OBAMA selon ses propres termes- dans une déclaration au Congrès faite ...en 1860 a rappelé que l'on ne peut éviter les ennuis en dépensant plus qu'on ne gagne...C''st vrai pour les particuliers mais aussi pour les Etats qui vont devoir un jour prochain présenter aux contribuables la note de leurs largesses sans aucune contrepartie de créations de richesses.
Les Français qui font du "social" à crédit vont devoir éponger les dettes actuelles et futures et je prévois la mise sous tutelle de nos finances par le FMI

Et en France - quand est-il?

Bravo! Pour ma part, j'ai immédiatement, au fur et à mesure de ma lecture, fait le parallèle avec la France où une pléthore de gens sont payés pour faire vivre un système qui est devenu abyssale en matière de dépenses de santé.
Mais là, motus aucun média n'en dit mot.

en effet, vous avez

en effet, vous avez raison...

merci

NL