Sans réformes, pas d’élections gagnées

Cela fait des années que nous assistons au même scénario. Au lendemain des élections perdues par la droite, on se demande pourquoi les électeurs ont préféré le Front national ou bien pourquoi ils se sont massivement abstenus.  Comprendra-t-on un jour que le vote s’appuie presque toujours sur une raison précise ? Dans le cas actuel, il est superflu de continuer à traiter les Français de racistes parce qu’ils votent pour l’extrême droite. Il faut être aveugle ou avoir été la victime d’un infarctus idéologique pour ne pas réaliser qu’il existe un problème d’insécurité en France dans de nombreuses banlieues et que ce problème est étroitement lié à une jeunesse d’origine maghrébine ou africaine. Mais il ne faut pas chercher  les motifs de ce vote (ou de l’abstention) uniquement là. Lorsque Sarkozy a terrassé le FN en 2007, il ne l’a pas fait en menant campagne contre les étrangers.  Il a réussi parce qu’il a dit haut et fort que le pays devait être réformé et qu’il fallait changer de modèle. Il avait fait campagne pour la rupture et non pas pour la continuité et il a réussi là où personne n’avait réussi depuis plus de 25 ans : permettre au parti du gouvernement de se maintenir en place après des élections présidentielles.  Ce qu’il aurait fallu à Sarkozy et à l’UMP ce sont de vraies réformes, celles dont la France a vraiment besoin.